Saint Frère André - Valorisation du Père

TROTTIER, JEAN-PHILIPPE (2010). L’église, la pédophilie et la purification imaginaire de nos sociétés, Montréal.

M. Trottier est philosophe, musicien, essayiste et polyglotte.

EXTRAITS

Les révélations sur les manœuvres passées de l'Église entourant des cas de pédophilie de certains prêtres suscitent une indignation publique bien légitime. Mais sans pour autant se faire l'avocat du diable, il serait bon aussi d'examiner le terreau culturel qui voit fleurir ce sentiment. Et ce n'est pas parce que la question a été happée dans la sphère émotionnelle que l'on est dispensé de s'interroger. Deux remarques troublantes viennent à l'esprit. La première concerne l'intérêt médiatique et public morbide suscité par l'Église dès lors qu'il s'agit de certaines questions controversées : mariage des prêtres, ordination des femmes, préservatif, etc. Comment se fait-il que cet intérêt s'estompe totalement lorsque celle-ci parle et œuvre en faveur de la charité, de la paix, des déshérités, de la dignité des peuples, ou qu'elle fustige les méfaits des multinationales sur les cultures locales ou bien la peine de mort ? Se souvient-on encore, par exemple, de ses efforts désespérés pour empêcher la guerre d'Irak en 2002 et 2003 ? Qui a, par ailleurs, compris le sens de la visite pastorale de Benoît XVI en Afrique en 2009, éclipsé par la presse occidentale au profit du fallacieux prétexte du préservatif, cité hors contexte mais beaucoup plus sensationnaliste ?
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Comment, également, ne pas rapprocher le fait que la pédophilie est le nouveau péché capital de l'heure avec une idéologie promue par des organismes tels que l'ONU, ses agences et d'autres entités, voués à la défense des enfants et des mères ? Accuser le père de pédophilie n'est-il pas le meilleur moyen de le discréditer moralement et d'installer une mère toute-puissante ?
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URL DE L'ARTICLE AU COMPLET http://ermitageagora.discutforum.com/bruits-divers-f22/leglise-la-pedophilie-et-la-purification-imaginaire-de-nos-societes-t897.htm




MON POINT DE VUE : VALORISATION DU PÈRE

(Extrait de « Dieu est Chair », p. 79, livre de Jean-Paul Bachand, publié en 2003)

À cause du mystère du mal, particulièrement de la mauvaise réputation faite aux hommes « mâles », nous avons besoin de nous faire dire que Dieu est bon, que sa création, avec sa reproduction sexuée, est bonne. Voyez le discours de la Genèse : Dieu créa les plantes, les animaux, l’homme et la femme, chacun portant sa semence. Et il vit que tout cela était bon. À la fin, il prit le temps de contempler ses œuvres artistiques, de les apprécier, ce qu’il est nécessaire de faire nous aussi pour se pénétrer de la bonté des œuvres dans lesquelles nous baignons, telles que bâties, avec ses limites, et les savourer, les goûter, sans que l’arbre nous cache la forêt.

Jésus-Christ est venu renchérir sur cette bonté de Dieu, en nous révélant le Dieu-Père, submergés que nous sommes par la prétendue méchanceté fondamentale des pères. Il a mis l’accent sur l’importance du père dans sa relation au fils et du fils dans sa relation au père. Il veut peut-être signifier, entre autres, que notre salut commence par là, par la valorisation du père par rapport à ses enfants ; que pour les pères, malgré ce qu’on est porté à penser par les temps qui courent, sa relation harmonieuse à ses enfants est au fond très importante et primordiale, pourvu qu’on lui en laisse la chance, qu’on ne le prenne pas a priori pour une bête sexuelle et un incestueux. La valorisation du père, pour vaincre la mort, le meurtre, les conflits, les guerres... le tabou de l’inceste, la violence conjugale, la prétendue incapacité des hommes à exprimer leurs émotions (oubliant les poètes, les musiciens, tous les artistes, les grands hommes dont est parsemée l’histoire), bref, tous les maux de la terre habituellement mis sur le dos des seuls hommes. Notre époque, comme bien d’autres, a bien besoin de cette valorisation.

C’est seulement à ce prix que l’« esprit », la mère peut à ce moment surgir, faire surface, dans le respect coulant de source, la contemplation la plus authentique de la transmission sexuée de la vie, ce qu’on peut nommer aussi la virginité (entre autres, tabou de l'inceste surmonté ?). Et boucler, sceller ainsi le cercle d’amour.

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