Le pape et le sexe

Commentaire suite à l'article d'Yves Boisvert paru dans La Presse du 12 juin 2010. Pour voir cet article, en voici le lien : http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/yves-boisvert/201006/12/01-4289377-le-pape-et-le-sexe.php

M. Yves Boisvert
Chroniqueur à LA PRESSE

Bonjour M. Boisvert,

J’ai beaucoup apprécié votre chronique « Le pape et le sexe ». Vous avez une bonne plume. À la suite de votre texte sur les positions radicales de la hiérarchie catholique, j’ai pensé vous soumettre brièvement ce sur quoi, à mon avis, elles se fondent.

Le fondement évangélique du célibat des prêtres repose entre autres, à ce que je crois savoir, sur les paroles suivantes de l'Évangile qui disent qu' ‟il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux”.

L’Église catholique occidentale exige de ses prêtres qu’ils fassent non pas un vœu de chasteté, mais la “promesse” à leur évêque de ne pas marier, de demeurer célibataires. Les prêtres catholiques occidentaux sont libres de devenir prêtres, mais non de se marier ou pas. Cette règle disciplinaire est apparue tardivement dans l’Église occidentale, soit vers le 13e siècle, même au 11e siècle. L’Église catholique de rite oriental ordonne des hommes, mariés ou non.

Il y a aussi ce texte fondamental qui apparaît d’une exigence radicale, fort difficile à comprendre hors contexte : ‟Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple.” N’est-ce pas là une certaine idée que Jésus a de l'amour ?

L’Évangile, dont l’Église est dépositaire, serait-il entaché d’une sorte d’obsession sexuelle (question de morale et non de dogme) ? Mais ce genre d’Église, qui nous semble avoir des rigidités inacceptables, nous laisse libres d’y adhérer et d’en être membres.

Tous mes encouragements,


Le théologien américain Dr. R. C. Lenski écrit ceci, je cite : « On a montré beaucoup de sagacité concernant la compréhension de ce mot haïr, avec un résultat médiocre ou nul. Au lieu de laisser au mot grec sa véritable signification, haïr, on l'a souvent réduit et édulcoré, au point de lui faire perdre son contenu réel. Tout ce dont nous devons nous souvenir, c'est que cette haine est la même que celle que nous trouvons en Dieu (Ps 5.6 ; 45.8 ; Héb 1.9), la même haine qui s'exprime chez les hommes pieux (Ps 26.5 ; 31.7). Ce qui nous choque instinctivement n'est pas tant le mot haïr lui-même, mais l'objet de cette haine, notre propre père, etc. Mais en dépit de cette haine chez Dieu, son amour demeure, et les deux sont tout à fait compatibles (voir Luc 6.27), et chacun d'entre eux (la haine et l'amour) au plus haut point. De même, la haine exigée de nous, si nous voulons être ses disciples, peut fort bien s'accorder avec notre amour à l'égard des nôtres. Jésus parle ici d'un père qui n'est pas lui-même disciple, ou s'il l'est, veut, dans son aveuglement, empêcher son fils de devenir un disciple. » Tiré de http://topchretien.jesus.net/topmessages/view/2309/hair-son-pere-et-sa-mere.htm. Il est souhaitable de consulter tout l’article.

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