À propos de la gnose sexuelle de Jean-Paul II

Élaboration autour d'un EXTRAIT du commentaire du 23 février 2010 de MICHEL MOTTET dans Les "Scandaleuses Béatitudes" de l'Église moderne, La Question.

Source : taper "scandaleuses béatitudes" sur un moteur de recherche.

L'EXTRAIT


« Quant à l’ÉGLISE, la véritable Église, elle a toujours enseigné que la faute originelle, comme déjà dit, se transmettait par la génération charnelle - puisque Ève et Adam ont décidé de se reproduire comme des bêtes, raison pour laquelle, lorsque Dieu les a chassés du paradis terrestre, Il les a revêtus de peau de bêtes. Et elle a toujours enseigné que le MARIAGE est un CONTRAT et que c’est dans ce contrat – donc du domaine spirituel – que réside le SACREMENT. »

MES RÉFLEXIONS SUR CE COMMENTAIRE

Dans l’état d’amitié avec Dieu, il est dit d’Adam et Ève : "tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un de l'autre." (Gn 2, 25). Étant amis de Dieu, tous deux vivaient une sexualité harmonieuse, des rapports homme-femme harmonieux. Probablement en plein contrôle de leur fécondité généreuse, appelée à donner beaucoup de fruits. Sur le mode de reproduction des arbres donnant beaucoup de fruits. Les arbres portent visiblement leurs fruits, en quantité innombrable, à la différence des mammifères dont les petits sont en nombre réduit et naissent détachés de leurs parents.

Après la chute, "leurs yeux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes." (Gn 3, 7). Le fruit de l’arbre au milieu du jardin ayant été consommé, l’homme et la femme savent que l’amitié avec Dieu a été rompue. Perte de la perspective de l’enfant dans leur rencontre sexuelle ? Ils se rendent compte alors que leur sexualité est devenue déséquilibrée, non pas bestiale, mais encore comparable, selon eux, à celle des plantes à fruits nombreux, comme le figuier. L’homme a désormais honte de sa sexualité devenue plus mystérieuse. Il en rit "jaune".

Et l'homme de répondre à Dieu qui le cherche : "j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché." (Gn 3, 10). C’est le nouveau dialogue entre Dieu et l’homme. Dieu recherche toujours l’amitié de l’homme, même l’homme le fuit. L’homme a maintenant peur de Dieu à cause de sa sexualité déséquilibrée. Ce déséquilibre l’éloigne alors de Dieu.

Enfin "Yahvé Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit." (Gn 3, 21). L’accouplement est spectaculaire et vu comme dégradant dû à la guerre entre les mammifères mâles pour se faire accepter par une femelle. Ce qui n’est pas le cas des plantes, où visiblement il n’y a pas de conquête et dont les fleurs diverses sont d’une grande beauté. Dieu fait maintenant comprendre à l’homme et à la femme que leur modèle de transmission de la vie ne se fait plus sur le mode des plantes, des fleurs et de leurs fruits, mais sur le modèle observable des animaux supérieurs (mammifères), et que, respectant leur liberté, il accepte que l’homme ait maintenant tendance à devenir hostile, guerrier, et la femme à exclure les faibles, comme les mammifères mâles entre eux et la femelle qui accepte le meilleur. Source de l’eugénisme ?

Le "péché originel de nos premiers parents" se transmet à mon avis aussi bien socialement que génétiquement. C’est pourquoi l’Église catholique baptise les humains dès leur naissance.

À noter que le sacrement de mariage n’est pas seulement un contrat spirituel. Il ne repose pas seulement sur le consentement mutuel, mais aussi sur sa "consommation charnelle".

Aujourd’hui, après des siècles de lutte contre la concupiscence et l’irascible de la morale catholique et protestante (modèles de l’homme et de la femme blessés, inclinés au mal), Vatican II, tout en maintenant cette même morale (cf. le Catéchisme de 1992), a voulu orienter le peuple de Dieu vers le modèle de l’homme et de la femme rachetés par Jésus Christ, nouvel Adam, présent à travers les siècles sous les formes du pain et du vin (produits du blé et de la vigne), né de la nouvelle Ève, Marie, qui l’a enfanté sans accouplement, comme le lys des champs, dans l’harmonie complète entre elle et son époux.

Jésus Christ, dans ses paraboles, parle abondamment des plantes : le lys des champs, le grain de sénevé ou de moutarde, le grain de blé mis en terre, le figuier stérile, la moisson abondante (mais les ouvriers peu nombreux), la vigne (je suis le cep, vous êtes les sarments). Les esprits mauvais habitent surtout des hommes et des mammifères (porcs).

Vatican II et Jean-Paul II ont mis l’accent sur le couple marié tel qu’il a été créé par Dieu dans son harmonie et sa splendeur originelles, ses rapports sexuels étant globalement et toujours intégrés à ses fruits, à ses enfants potentiels, à ses enfants à naître, puis à ceux déjà nés.

Pourquoi tomber à bras raccourcis sur la Théologie du corps de Jean-Paul II ? Ne trouvez-vous pas que notre époque n’a pas grandement besoin de cette vision positive de la sexualité dans le sacrement du mariage ? Pour notre époque caractérisée par les séparations et les divorces avec un taux de fécondité inférieur à nos survivances culturelles ? Avec des drames familiaux qui ne sont que la pointe de l’iceberg ?

Est-ce que la vision positive des choses, l’encouragement, ne produit pas plus de fruits que l’inverse, la répression ? Est-ce que Jean-Paul II, avec sa Théologie particulière, n’a pas emprunté la voie étroite proposée par Jésus Christ ? Parce qu’il a osé parler en bien de l’union des corps dans le mariage, ne porte-t-il pas sa croix en se faisant traiter d’hérétique et d’impie pour cela ?

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