Raymond Archambault me rend hommage

Nous sommes en pleine campagne électorale provinciale. Raymond Archambault est candidat péquiste dans la circonscription de Groulx. En outre, depuis avril 2011 il est président du Parti Québécois. Sa notoriété publique me rappelle des souvenirs lointains qui m'inclinent à en parler aujourd'hui. Ce blogue peut s'ajouter à mes notes biographiques sous l'onglet «Auteur », à l'alinéa « Quelques traits de vie ».

Durant l'année scolaire 1966-67, j'ai enseigné le « Français International Parlé » à l'École Normale Ville-Marie, aux futurs enseignants. Le cours était centré sur la lecture de bulletins de nouvelles, en appliquant simplement et graduellement les cinq règles du français parlé. J'avais été formé à l'école de Mad. Lucie de Vienne, connue à l'époque surtout comme actrice vedette dans le téléroman "La Pension Velder".

Je ne suis pas du tout linguiste comme mes collègues de l'École Normale Ville-Marie, Tanguay et Corbeil. Ce dernier m'isolait en disant que je faisais de la « cuisine ».

Un jour, « dans ma cuisine » (le laboratoire de langues), j'ai affirmé à un de mes étudiants, Raymond Archambault, qu'il avait le talent pour se rendre un jour à Radio-Canada. Tous furent surpris, y compris Raymond le premier. Cela impliquait un changement de carrière. Ils me dirent : « Pourquoi vous-même, monsieur, n'y êtes pas à Radio-Canada ? » J'ai apprécié bien sûr ce commentaire de mes étudiants qui me voyaient à Radio-Canada. Je leur répondis que j'avais plutôt fait le choix de répandre, via les futurs maîtres, une meilleure diction de notre langue.

Raymond me crut. Il fit ses exercices avec passion. Puis il commença comme lecteur de bulletins de nouvelles dans différents postes de radio à Montréal. Au début, il me téléphonait après la diffusion de ses bulletins pour recevoir mes commentaires.

Raymond a toujours été un homme reconnaissant envers moi. Le jour où il a pris sa retraite de Radio-Canada, le 10 juillet 2009, il a téléphoné chez moi pour me dire toute sa reconnaissance. Étant moi-même en maison de convalescence à ce moment-là, c'est ma femme qui a pris l'appel. Voici le message qu'elle m'a rapporté :

« Raymond Archambault lui-même te remercie de lui avoir permis de mener une vie professionnelle très riche et satisfaisante, ayant toi-même, comme professeur de Français International parlé en 1967 à l'E.N.V.M., reconnu son talent et son intérêt pour cet art et du même souffle de l'avoir cru capable, à force de travail et de pratique, de devenir un jour lecteur de Bulletins de Nouvelles à Radio-Canada même. »

André Paillé, animateur à la retraite, m'a écrit les 10 et 19 juillet 2009 pour me dire ceci :
(…)
« Monsieur Archambault a la reconnaissance de ses maîtres dont vous êtes le premier. »
(…)
« Vous êtes un grand professionnel de l'éducation. Je suis un animateur à la retraite qui a adoré son métier. J'aurais bien aimé interviewer Raymond Archambault, comme je l'ai fait pour Henri Bergeron, Fernand Séguin, Jacques Fauteux pour n'en nommer que quelques-uns.

J'ai participé à la ligne ouverte de Jacques Beauchamp. À deux reprises Raymond Archambault parle de vous. Dans un premier temps, avec Monsieur Jacques Beauchamp et secundo avec moi au téléphone. »




Pour entendre les extraits (7min, 7sec) de l'Émission Tribune de Radio-Canada du 8 juillet 2009, dont l'invité est Raymond Archambault, particulièrement l'extrait de l'intervention de M. Paillé, veuillez cliquer sur l'hyperlien suivant :

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia%3Dhttp://www.radio-canada.ca/medianet/2009/CBF/laTribune200907081215_1.asx



Enfin voici le verbatim du texte de son allocution le jour où il a reçu le prix Raymond-Charrette.

« Cérémonie de remise des prix Raymond-Charette et Jules-Fournier Théâtre Granada, Sherbrooke, le 14 novembre 2009 »

« Allocution de monsieur Raymond Archambault, animateur à la retraite de la radio de Radio-Canada, lauréat 2009 du prix Raymond-Charrette »

« Je suis évidemment très honoré de recevoir ce prix, cette distinction qui porte le nom d’un homme que j’ai brièvement connu à mes débuts. Je me souviendrai toujours du Raymond Charette que nous avons connu comme téléspectateurs; mais je garderai aussi cette image de Raymond Charette dans un studio de radio, tellement soucieux de la qualité de la langue que son visage affichait des signes de douleur quand il entendait une faute de l’un de ses collaborateurs.

Je veux ce soir remercier ceux qui ont présenté ma candidature, les membres du jury; je pense que c’est aussi une belle occasion de remercier un professeur qui enseignait la phonétique au milieu des années 60 à l’École normale Ville-Marie, Jean-Paul Bachand. C’est un peu grâce à lui si je me suis retrouvé devant un micro.

C’est vrai que j’ai toujours été sensible à la qualité de la langue. Mais dans mon esprit, la langue, ce n’est pas seulement une question de grammaire, de syntaxe ou même de prononciation, mais c’est surtout l’inépuisable richesse du français. Une langue qui nous offre tellement de ressources pour évoquer, décrire, raconter… Une langue qui permet tellement de nuances et de précisions.

Croyez-moi, nous avons de la chance d’exercer notre métier en français. Je connais les embûches. Je sais que ce n’est pas toujours facile quand on nous demande, dans les médias électroniques, de travailler en direct, mais c’est un défi que nous pouvons relever.

J’ajoute en terminant que cette distinction couronne une vie professionnelle qui a pris fin il y a quelques mois. Je suis donc choyé ce soir, comme je l’ai été pendant ma carrière. En fait, j’ai pu réaliser le rêve de mes 20 ans. Et maintenant, mon souhait le plus cher, c’est que ce rêve soit encore réalisable pour ceux qui commencent, pour ceux qui songent à devenir journalistes. Et à vous tous, je souhaite que la crise actuelle ne transforme pas le rêve en cauchemar.

Merci! »

Raymond Archambault

Adresse URL de cette allocution :

http://www.cslf.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/Prixdistinctions/2009/AllocutionRaymondArchambault.pdf



Autres liens :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2009/07/09/002-raymond-archambault-retraite.shtml

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2009/RDI2/TelejournalSurRdi200907101700_9.asx

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2009/CBF/Radiojournal200907101700_7.asx

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2009/CBF/Radiojournal200907100800_6.asx

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2009/CBF/LibreCommeLair200906110905_1.asx

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