Exclusion de Dieu dans la vie sexuelle des parents

Quant à l’EGLISE, la véritable Eglise, elle a toujours enseigné que la faute originelle, comme déjà dit, se transmettait par la génération charnelle - puisque Eve et Adam ont décidé de se reproduire comme des bêtes, raison pour laquelle, lorsque Dieu les a chassés du paradis terrestre, Il les a revêtus de peau de bêtes. Et elle a toujours enseigné que le MARIAGE est un CONTRAT et que c’est dans ce contrat – donc du domaine spirituel – que réside le SACREMENT.

L'interprétation que je fais du récit de la Genèse, dans la Bible, est la suivante : la perte du bonheur provient de ce que les parents, n'écoutant que les rumeurs collectives, culturelles, tombent dans le panneau en excluant Dieu – qui veut dire Lumière, de dies, jour – de leur vie sexuelle. Pourtant nous savons par Jésus-Christ que Dieu est une famille de trois personnes.

La preuve de cette exclusion de Dieu-Lumière de nos vies familiales est que dans le bonheur, "tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un de l'autre." (Gn 2, 25). Et que dans la perte du bonheur, "leurs yeux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes." (Gn 3, 7). Et l'homme de répondre à Dieu qui le cherche : "j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché." (Gn 3, 10). Enfin "Yahvé Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit." (Gn 3, 21).

Autre piste : le Fils de Dieu attaché comme un fruit à l'Arbre de la Croix, mais cloué, nu, mis à mort, renvoie au fruit défendu de l'arbre situé au milieu du jardin d'Éden, arbre autour duquel s'enroula le serpent tentateur, père du mensonge, par qui le meurtre est entré en ce monde.

En refusant que le don de transmission de la vie humaine fasse partie de Dieu lui-même, la honte de la sexualité s'installe, y compris le tabou (la peur) de l'inceste. Bâtit-on une civilisation sur un tabou, sur la peur ? Freud et Lévi Strauss font du tabou de l'inceste le moteur du développement de la personnalité et de la culture. Cette conception mensongère de la sexualité conduit l'être humain à donner peu de valeur à la vie, conduit au meurtre physique et psychologique de l'enfant, au meurtre physique et psychologique tout court.

La vie est rétablie par le Fils de Dieu fait chair (mystère, merveille de l'Incarnation), la Lumière du monde. Le serpent tentateur qui ment à propos de Dieu transmetteur de vie, Lucifer, le faux porteur de lumière, un ange, un pur esprit, jaloux du fait qu'il ne peut transmettre sa propre vie, bloqué dans le refus de servir le Dieu Famille et Chair, en même temps que l'être humain divinisé grâce à son corps sexué.

"Ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes." (Gn 3,7). L’homme reconnaît que sa sexualité est devenue, non pas bestiale, mais comparable à celle des plantes à fruits nombreux, comme le figuier, autres que celle au milieu du jardin. Les plantes qui portent visiblement leurs fruits, en quantité innombrable, à la différence des animaux dont les petits sont en nombre réduit et détachés de leurs parents. La perception de l’accouplement est spectaculaire et vu comme dégradante due à la guerre entre les mâles pour se faire accepter par une femelle. Ce qui n’est pas le cas des plantes, où visiblement il n’y a pas de conquête et dont les fleurs, de surcroît, sentent bon ou qui du moins ne sentent pas mauvais.

"Yahvé Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit." (Gn 3,21) : pour dire que tout leur être a perdu sa ressemblance à Dieu. Au Dieu trinitaire, dans son union de personnes, le Dieu familial, le Dieu qui engendre et qui est engendré, le Dieu de la réciprocité, du lien vivifiant et indissoluble entre l’Engendreur et l’Engendré, le Dieu Esprit qui scelle son Amour de lui-même.

Ainsi le Dieu prêt à exploser en sa création, jusqu’à son amour tout humble, non pas des anges et de toutes les autres créatures, mais de l’homme trinitaire, seule créature qui lui ressemble qui lui fait s’exclamer : enfin ma créature, la plus belle de toutes, plus belle que tous les astres, que le soleil, avec ses levers et ses couchers, que tous les animaux et toutes les plantes, que toutes les fleurs les plus belles.

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