STRUCTURE DE BASE DU CHRISTIANISME

L’ÊTRE HUMAIN, ÊTRE FINI, DEVANT L’ÉTERNITÉ INFINIE

Dieu, de toute éternité, a décidé de créer l’univers visible et invisible. Un Dieu infiniment tout puissant, mais aussi infiniment humble et Amour infini. Il créa des êtres spirituels comme lui, des êtres intelligents et volontaires, capables d’aimer librement, soit les anges et les hommes. Les hommes n’étant pas de purs esprits, mais hommes et femmes et fils ou filles, sont vraiment son image et sa ressemblance, plus humbles que les anges. Dieu ne pouvait créer des êtres d’une intelligence et d’une volonté infinies, à la liberté infaillible.

Lucifer, pour être entièrement responsable de son opposition à Dieu, devait d’abord avoir pleine conscience d’être sa créature et connaître tous les attributs de son créateur, soit la toute puissance, l’humilité et l’amour. Pleine conscience aussi des conséquences de son possible refus d’être ravalé au rang des derniers, soit le malheur éternel, la solitude, le repli sur soi. Une grâce spéciale a dû lui être accordée étant donné que sa décision allait engager son destin éternel. Il n’accepta pas d’être moins apprécié que tous les autres anges ainsi que les humains, et en plus de les servir, entraînant à sa suite d’autres anges. Il est fort difficile de comprendre que l’être créé le plus intelligent de tous n’ait pas admis son propre état de créature et que le Dieu tout puissant est aussi tout humble et tout amour.

Au premier couple, sans enfant encore, engageant ainsi toute la race humaine, sans exclusion aucune, Dieu présenta son Évangile, à savoir qu’il leur offrait la possibilité de participer à sa vie intime trinitaire. Lucifer, de son côté présenta, comme on le sait, son projet de vivre sans Dieu, centré sur sa propre valeur. Pour parer à la faillibilité de la liberté limitée, créée d’Adam et Ève, Dieu leur donna une grâce spéciale pour saisir tout l’enjeu et toutes les conséquences de leur décision, positive ou négative.

Adam et Ève optèrent pour le programme de Lucifer. Il est fort difficile de comprendre que deux êtres intelligents, pleinement conscients, par une grâce spéciale, que le Dieu tout puissant est aussi tout humble et tout amour et pleinement conscients, par une grâce spéciale, de leur état de créature et des conséquences de leur refus, soit le malheur éternel, la solitude, le repli sur soi.

Mais ce choix ne fut pas en réalité définitif, ni pour eux, ni pour tous leurs descendants. Comme l’Amour ne se commande pas, Dieu respecta leur décision, mais ne renonça pas à laisser toute l’humanité se damner. Il redonna à chaque être humain, homme, femme, enfant, la possibilité de choisir entre Lui et Lucifer dès cette terre, jusqu’à leur mort charnelle définitive.

Ainsi, lors de la mort de chacun de nous, Adam et Ève et tous ses descendants, le Christ, entouré de ses anges, des saints et saintes et de nos proches, vient à notre rencontre pour nous proposer l’Évangile, en particulier la nécessité de la kénose, de la Charité. D’autre part, Lucifer et à sa suite les démons, les damnés, proposent également leur projet de liberté, fondé sur l’indépendance de son créateur, sur son épanouissement personnel en excluant tout autre, sur la confiance fondée en soi.

La personne qui a à faire un choix définitif valide, qui aura une incidence éternelle et définitive cette fois-ci, d’un côté comme de l’autre, doit pouvoir se prononcer en toute connaissance de cause, c’est-à-dire en toute connaissance des conséquences, pour le salut éternel ou pour la damnation éternelle, pour le Bonheur ou pour le malheur éternels, définitifs. En parfaite lucidité, d’intelligence et de volonté, parachevées par une grâce spéciale.

Une personne qui opte pour l’Évangile du Christ devra recevoir une nouvelle grâce spéciale quand elle sera prête à voir Dieu face à face. Cela est bien enseigné et bien connu. Ça l’est moins, semble-t-il, quand il s’agit du choix entre le Christ ou Lucifer au terme de la mort. Choix influencé, même conditionné par toute la vie sur terre.

Il convient en effet qu’une personne dotée d’une intelligence et d’une volonté créées les plus parfaites, mais forcément toujours limitées, n’est en mesure de prendre une décision aussi grave, irrévocable, pour un temps infini, éternel qu’en recevant une grâce toute spéciale, venant au secours d’une capacité d’aimer libre et faillible. Comment pourrait-elle alors être aussi bête pour choisir son propre malheur éternel et définitif ? Car comme le dit la chanson, « Tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir. » Nous pourrions paraphraser : « Personne ne veut la mort éternelle ».

Encore plus bête si, de surcroît, dans son premier purgatoire sur terre, cette personne a déjà entendu parler du salut ou de la damnation éternelles, a déjà pu faire l’expérience des conséquences du « péché originel ».

Conclure que l’enfer est vide et n’existe alors tout simplement pas (ni humains, ni anges), c’est rendre vains les faits, récits et paroles bibliques, les paroles évangéliques. « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ». C’est rendre vain le Magistère de l’Église, le mystère de l’iniquité.

Restent des points obscurs à éclaircir permettant de satisfaire en même temps Foi et Raison.

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