LA DESTINÉE POUR UN CATHOLIQUE FACE À CELLE DES PERSONNES DU NEW AGE

Nous choisissons nos activités selon nos talents, lesquels définissent nos intérêts. Face aux dictats des sociétés humaines, il y a des normes qui correspondent plus ou moins à qui on est. Je me rends compte qu'ici ceux qui font des études plus poussées en sciences humaines, comme l'enseignement, sont susceptibles de ne pas être reconnus, d'autant plus que, pendant qu'ils étudient, ils perdent le pas. Il y a un âge pour chaque chose : pendant qu'ils étudient, les autres se taillent une place bien ancrée; il y a aussi le fait qu'ils coûtent plus cher en arrivant sur le marché du travail. Et la roue tourne, de façon inéluctable.

Deux exemples : je connais plusieurs Ph.D. en philosophie, en sciences de l'environnement, de l'éducation, etc. qui n'ont jamais réussi à se trouver un emploi dans leur domaine, qui ont dû se résigner à faire humblement autre chose (v.g. bibliothécaire, sacristain, cultivateur, chauffeur de taxi, traducteur à la pige, etc.). D'autre part, je connais un nombre important de personnes qui font de l'argent comme de l'eau parce qu'ils ont choisi (selon leur talent) des carrières payantes, qui n'exigent pas d'études supérieures. Il y a ceux qui travaillent avec ce que j'appelle un doctorat honorifique (doctorat de premier cycle) : médecins (j'en ai connu qui gagnaient beaucoup d'argent tout en étant alcooliques et qui arrivaient souvent saouls au travail), dentistes, notaires, avocats (qui, eux, ont le titre de Maître), fiscalistes, etc., etc.

Dans une perspective humaine, cette souffrance est aberrante. Le "New Age" fait la sourde oreille devant la destinée éternelle proposée par le Christianisme, qui dépasse notre entendement naturel. Elle réduit notre vie dans l'au-delà à constituer Dieu et à s'y fondre, une agglomération indéfinie d'entités sans identité personnelle. Bref, c'est une approche panthéiste, vieille comme le monde, approche qui a depuis belle lurette été démontrée fausse par la philosophie (on ne peut atteindre l'infini en additionnant indéfiniment du fini; deux infinis s'excluent).

Mais non, nos souffrances sur terre, sont notre premier purgatoire, le lieu de notre première purification, de notre premier apprentissage de l'Amour, de notre premier détachement de soi, de son propre orgueil et de son propre égoïsme. Elles ne sont pas aberrantes si on les situe dans la ligne de notre véritable destinée qui est la vie éternelle (il est très rare que je puisse parler de cela avec les gens d'aujourd'hui).

J'estime que je peux parler de cette dimension au croyant, qui a un minimum de bonne volonté, d'ouverture à la foi chrétienne. Par ailleurs, mon livre et mes blogues sur ce site font connaître, dans ses grandes lignes, mes talents et réalisations. La « religion » catholique m'a toujours interpelé, dans toutes ses profondeurs, tant dans les questions qu'elle nous posent, comme dans les réponses qu'elles nous apportent, dérivées de l'Évangile et de la Tradition. Il est faux de prétendre comme les Hubert Reeves et les Charles Taylor que le Christianisme ne nous apporte par de réponses : l'Évangile et le Magistère de l'Église nous en apportent à profusion.

À se rappeler que Dieu, dans sa folie d'Amour, nous appelle à voir face à face les trois personnes qui le forment. C'est tout un programme, incroyable. Un programme si grand que le chemin pour y arriver est infini. La théologie nous dit que ce chemin se fait en tout au plus six étapes. La première est celle de la terre, difficile parce Dieu lui-même est silencieux et qu'elle apporte son lot de souffrances, surtout le spectre de la mort et la mort elle-même, dont il est fort difficile d'en comprendre le sens.

En tant qu'humain, la porte d'entrée dans la Trinité est celle du Fils, Enfant du Père, du Père tout-puissant. Mais le Fils est l'humilité infinie, celle que la Croix scandaleuse représente, dont beaucoup ne veulent plus (mouvement actuel de la « Christianophobie »). Nous, petites poussières d'étoiles, savons bien que nous sommes tout petits. Mais face au Dieu infini, nous sommes encore infiniment plus petits. C'est pourquoi le chemin pour apprendre à aimer à la manière infinie de Dieu est si long. C'est là le rôle de la souffrance et de la mort : apprendre l'humilité, afin de pouvoir se dépouiller complètement de nous-mêmes et ainsi de pouvoir s'ouvrir à Lui, et aux autres, condition absolue pour être ami de Dieu, pour être comme Lui. Tout le contraire de l'orgueil et de l'égoïsme d'Adam et Ève, qui voulaient être comme Dieu de cette manière, héritage qui nous a été transmis de générations en générations.

Ces vérités viennent de Celui qui a été et est toujours capable de ressusciter des morts déjà en décomposition, ce que Dieu seul peut faire.

Celui qui a souffert des avatars imposés par la société matérialiste, qui a trouvé mystérieusement une activité qu'il aime, qui contrecarre ces avatars, reçoit, par cet encouragement, qu'il est sur la bonne route de son destin éternel.

Toute personne de bonne volonté, de grande ouverture est capable d'encaisser le tableau que je viens de présenter comme rappel de la destinée d'Amour-Charité à laquelle Dieu nous convoque, destinée qui outrepasse de cent coudées notre humanité première, à laquelle nous ne nous attendions pas.

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