L'Église, dans sa bulle?

Paraît-il que Jésus le Christ a fondé son église sur Pierre. Chacun des papes en est le successeur direct. Cela, jusqu’à la fin des temps. Et les forces du mal ne réussiront pas à prendre le dessus sur elle, grâce à la présence invisible de son fondateur, toujours jusqu’à la fin des temps. N’ayez pas peur.

Il y a une grande différence entre ce qu’on appelle traditionnellement (faudrait-il s’en excuser?) le dogme et la morale. Le dogme est contenu en raccourci dans le « Je crois en Dieu ». Dieu qu’on peut appeler père : incroyable. Qui nous donne son Fils unique, qui a accepté son assassinat sur une croix romaine par amour de toute l’humanité. Ce même Christ ressuscité qui ne nous a pas abandonnés en attendant son retour dans la gloire en envoyant à toute son Église son âme, l’Esprit Saint, qui a le cœur d’une mère, l’âme de l’Église notre mère. À noter qu’à ma connaissance, il n’y a pas de dogme concernant l’enfer.

Voilà pour le dogme. En bref. C’est du solide. De l’incontournable. L’église, rocher stable de la foi à travers les siècles, est-elle ici dans une bulle ?

Je ne crois pas que M. Charles Taylor parle ici de cette église qui n’écoute pas, tout emmitouflée dans sa bulle. Toute organisation a sa charte. Les dogmes sont en quelque sorte la charte de l’église pour employer un terme de notre temps. Charte canadienne des droits et libertés, Charte des droits et libertés de la personne.

Mais il y a l’autre côté de la médaille : la MORALE. On l’apprenait dans le petit catéchisme à la petite école. Question – Réponse numéro 140. L’église gardienne de la foi et de la morale, disait-on.

Est-ce ici que M. Taylor parle d’une Église qui n’est pas à l’écoute, qui est dans sa bulle? Dans les questions de morale comme celles de l’avortement, de l’homosexualité, de la régulation des naissances par les moyens de contraception, de l’euthanasie, etc.? C’est ici, je pense que M. Taylor a raison. Je crois que l’Église n’entend pas les questions du peuple de Dieu qui ne comprend pas pourquoi, par exemple, elle est contre la contraception, dans un monde que l’on dit surpeuplé. Ne montre pas le lien qu’il y a avec l’Évangile.

Mais il y aurait peut-être une porte de sortie : est-ce que l’Église s’est prononcée ex cathedra sur toutes ces questions de morale contemporaine? Y a-t-elle engagée son infaillibilité? Les encycliques des papes, à ne considérer que celles à partir de 1968, de l’Encyclique Humane Vitae, appelée communément celle du pape contre la pilule, engagent-elles notre foi? Bien qu’il soit téméraire de ne pas les examiner et d’en tenir compte.

Si l’Église nous expliquait mieux, en répondant à nos questions, toutes ses positions morales, comme les parents expliquent tout à leurs enfants aujourd’hui, peut-être serions-nous satisfaits, y compris notre porte-parole, M. Taylor?

Pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain…

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